Seigneur, j'ai rétréci les Vikings. Chapitre 1



Mal de terre.


Le Baron Thorulf

Thorulf avait hérité du titre de Baron de la côte fleurie depuis deux ans déjà.


Deux années de sédentarisation qui avaient offert au clan des Vanirviks une nouvelle vie. Ils avaient installé leur fief dans la petite ville portuaire qui portait maintenant le nom de Thoruvilla (aujourd’hui Trouville-sur-Mer) dont leur très bonne gestion avait fait un des fleurons commerciaux de la région.

La plupart des Vanirviks avaient pris part dans l’organisation générale des affaires de la baronnie.




On avait profité du talent pour les langues des jumeaux Folker et Rolf pour leur donner en charge la gestion des affaires commerciales, Solveig la Chasseuse surveillait que l’expansion des villes ne nuise pas à la nature environnante. Thorulf avait quand à lui endossé le difficile travail de gérer les relations d’une baronnie non chrétienne au cœur d’une royauté qui s’était elle-même autoproclamée “fille aînée de l’église”. Être adoubé Baron par le roi lui-même n’avait pas complètement apaisé les relations avec les seigneurs environnants et la côte fleurie était très surveillée par ses voisins. Mais les affaires de la Côte Fleurie étaient si prospères que les Vanirviks avaient gagné le soutien de la plupart des habitants.

De Gauche à Droite : Solveig la chasseuse, Thorulf, sa pupille Astrid, la capitaine Klotilde, Gersimi la Bifroster et les frères Folker et Rolf.

Seule la capitaine Klotilde n’avait jamais réellement profité de la situation de rêve qu’ils s’étaient construite. A la tête d’une flotte qui ne naviguait plus que rarement, son mal de terre chronique lui interdisait de passer trop de temps hors du longship dont elle avait fait sa maison. Certes, elle pouvait descendre du bateau, mais jamais plus de quelques heures d’affilée. Elle se sentait un peu à l’écart des aventures de ses amis, dont elle ne profitait que quand on les lui racontait.


Elle avait aménagé son bateau, le “Jormun”, pour en faire une habitation confortable, et c’est de là qu’elle supervisait les travaux de rénovation du port de Thoruvilla qui prenaient la plupart de son temps.



Gersimi aimait beaucoup prendre son repas du matin sur le Jormund avec Klotilde avant de partir travailler. Elle était arrivée à Thoruvilla quelques mois après les autres, appelée par Thorulf pour prendre en charge l’éducation mystique de la petite Astrid, une jeune orpheline que Klotilde et le Baron avaient adoptée quelques années auparavant.


Gersimi faisait partie d’une école de sorcellerie particulière, les Bifrosters, qui puisaient leur magie dans des pierres précieuses très rares, les éclats de Bifrost.

Klotilde et Gersimi

Ce matin-là, Gersimi réveilla Klotilde bien plus tôt que d’habitude, avec un ton d’excitation inhabituel dans la voix. -Aujourd’hui, nous partons dans les terres pour quelques jours, Thorulf a été sollicité par notre baron voisin de l’ouest , Bernard d’Harcourt, pour statuer sur une affaire complexe. Ça va être une bonne occasion d’initier Astrid aux choses de la politique et de visiter un coin que nous connaissons mal. -Tu as raison, ces Francs ont l’air obsédés par les problématiques politiciennes et elle va devoir apprendre à s’en dépêtrer si elle grandit ici. -Et puis ça te fera voir un peu autre chose que les plages de la côte fleurie. Klotilde s’arrêta quelques secondes en fixant Gersimi du regard, se demandant si ce “te” était intentionnel ou un simple lapsus. L’air très satisfait de son amie semblait indiquer qu’elle était loin d’avoir fait un lapsus. -Ne me taquine pas, tu sais très bien que je ne partirais jamais dans les terres aussi longtemps sans passer mon temps à vomir. -C’est exactement là que je veux en venir, surenchérit Gersimi, la bouche pleine du gros morceau pomme qu’elle était en train d’engloutir. Te souviens-tu de Tuatha, cette étrange autochtone qui avait sympathisé avec Astrid ?