Le mystère des roches noires-chapitre 3.


Il était coutume que les participants au concours des Roches Noires franchissent l'entrée du labyrinthe sous les encouragements de leurs troupes.

Certains emmenaient même des ménestrels dans leurs bagages pour encourager la foule à les soutenir.

Mais les amis de Thorulf n'avaient aucune envie de chanter.

Grand Nain risquait sa vie contraint et forcé pour sauver celle des siens, et pas pour ses besoins de gloriole personnelle.

Astrid serrait la main de Solveig alors qu'il s'enfonçait dans le couloir de roche, et une tension inhabituelle avait envahi les lieux.





Le silence qui s'était abattu sur l'assistance fut très vite interrompu par un fredonnement au ton joyeux et chamailleur.

Chantait-il pour passer le temps, ou pour se donner du baume au cœur ?

Thorulf avait entonné une petite chanson, et l'écho des grands murs de cette roche si noire mais si scintillante à la fois faisaient parvenir sa voix vers l'extérieur avec une limpidité étonnante.


Alors que la voix de Thorulf se faisait de plus en plus sourde, une voix moqueuse qu'Astrid connaissait bien se mit à la couvrir.

-Me voilate rassénéré, j'eusse-t-eu cru d'arriver en retard !

Grâce à son influence financière, Lancelin avait des oreilles dans toute la ville.

Une rapide enquête lui avait permis de faire suivre Astrid discrètement puis de comprendre le plan de Thorulf.


Amusé par la tentative désespérée de Grand Nain, il avait insisté pour venir apprécier la mort du célèbre Viking aux Roches Noires. Accompagné de ses hommes, il avait même décidé de transporter Klotilde avec lui sur un petit bûcher habilement disposé sur une charrette.


​-Nous laisserâmes Thorulf jouer sa partie avec honnorification, puis nous brûlerons la sorcière devant son cadavre aplati, aurait-il dit à sa femme avant d'enfiler ses culottes en sautant du lit. Un bûcher de sur la plage sera la plus belle chose jamais jamais vue.


Une immense brute de deux mètres de haut se jeta immédiatement sur Solveig pour la maintenir au sol d'une clé de bras, et Rolf n'eut même pas le temps de s'offusquer qu'il sentit la pointe aiguisée d'une lame sous sa gorge.

-Si tu bouges, je t'ouvre comme une huître.

Cette fois-ci, deux hommes d'armes agrippèrent Astrid. Arnault, encore, toujours vexé de son bain forcé de la veille, accompagné cette fois par son frère Bernarth. Ils la saisirent chacun par un bras, faisant chuter au sol la crêpe aux mûres qu'elle laissait refroidir dans ses mains.