Le mystère des Roches Noires

Mis à jour : avr. 5

Dimanche 22 mars 2020. Le confinement continue et ça a l’air parti pour un bout de temps.

Jacky-chien m’observe scanner les pages du journal de Pauline Thaurial, tout en pétant toutes les 25 minutes avec une régularité étonnante.


Le journal que j’ai trouvé consigne donc des récits de chasses au dragon tirés des écrits originaux de Turold, organisés/présentés ville par ville et recoupés avec diverses “preuves” avancées par la paléontologue.


La première chose qui frappe quand on lit ce journal est la différence de point de vue engendrée par un narrateur nordique. En effet, la majorité des textes d’époque, écrits par des moines francs, décrivent les nordiques comme des hommes sauvages assoiffés de sang, brûlant tout sur leur passage.

Pauline Thaurial annonce clairement la couleur. Pour elle, tout cela est un tissus de conneries propagandiste digne d’un BFM en période de Gilets Jaunes.



Elle rappelle dès les premières pages que même notre façon de les nommer en a été faussée puisque ces gens là ne s’appelaient absolument pas des Vikings.

Un peu comme le malentendu qui a donné naissance au mot “bistrot”, ou l’ ahurissante façon dont on a appelé “Indiens” les gens qui habitaient les Amériques, le mot “Viking” désignait, dans les langues scandinaves, un aventurier ou un pirate. Nommer ce peuple entier de la sorte reviendrait, par exemple, au hasard, à nommer tous les français des “colonialistes”. Voyez comme c’est vexant ? Du point de vue de Turold, on découvre, bien au contraire une culture en avance sur son temps par bien des aspects, dont la vision totalement égalitaire des relations hommes/femmes fait rêver notre archéologue, mise au placard à cause de son sexe. Poussés à explorer de nouvelles terres à cultiver en raison d’un terrible changement climatique, la description de leur arrivée comme une "invasion" semble tout aussi poussive. Comment peut-on envahir un pays qui n'existe pas ?

En effet, les premiers scandinaves débarquèrent aux alentours de 800 après J-C.

Le concept de “France” n’existait que depuis quelques années et ne sera réellement officialisé qu’en Juillet 987 par Hugues Capet. Dans la loi de l’époque, le roi ne possède aucun pouvoir réel sur les territoires appartenant aux comtes.

Un peu comme un président de parlement Européen. Quand Turold arrive sur les plages de l’actuelle Trouville-sur-mer, la région est donc un joyeux foutoir, mélange d’autochtones celtiques, de descendants de romains, et l’évangélisation à mi-chemin. Comme à Haïti aujourd'hui où l’on est chrétien monothéiste le jour et vaudouisant polythéiste la nuit, beaucoup de villages faisaient encore plus confiances aux druides et autres “sorcières” qu’aux prêtres de la nouvelle religion. Il n’était pas rare non plus de croiser un gallo-romain qui vous avouait un soir de boisson qu’il avait sacrifié un agneau à Zeus ou Athena.


Extrait du journal de pauline Thaurial, 1903.


“Un détail amusant du décalage culturel vient des “drekkis”. Ces fameuses figures de proues décrite par les chrétiens comme des dragons faits pour terrifier l’ennemi. Personne ne prend jamais le temps de mentionner qu’ils étaient amovibles, parce qu’il n’est pas convenable d'amener ses divinités en terres étrangères. Les divinités du pays visité pourraient mal le prendre”



Un réflexe loin d’être guerrier et dont beaucoup de religieux modernes devraient prendre exemple.



Bien sur, l'époque reste violente, et les escarmouches sont nombreuses. Mais on est loin de l’orgie de violence militarisée décrite par la propagande franque (puis récupérée par les nazis), comme l'atteste le siècle entier qu’il a fallu entre l’arrivée des scandinaves et l’accord de 911 qui leur accorda la “Normandie”. On est tout de même loin du raz-de-marée dont les nordiques étaient capables quand on compare la vitesse avec laquelle Guillaume le Conquérant a mis une branlée aux angliches.


Le récit de Turold à Trouville-sur-Mer n’est pas le plus épique en batailles de ceux que j’ai en main, mais il est un bon contre-exemple des préjugés sur les scandinaves et a le mérite de présenter l’arrivée de beaucoup de personnages marquants de l’histoire Normande.

Je vous ai donc concocté un petit livre interactif, tout plein de notes cliquables, d’illustrations zoomables …

J’ai mis une petite vidéo cachée en bas de page vers la musique de “Dark crystal, Age of resistance” de Daniel Pemberton, qui m’a bien mis dans l'ambiance pour écrire. Libre à vous de vous la mettre en ambiance ! Comme tout ça est bricolé sur wix, je sais que ça ne fonctionne pas toujours parfaitement sur toutes les plates formes (désolé les téléphones, entre autres …) mais je vais faire aussi une version en blog “simple” pour plus tard. N’hésitez pas à me faire des retours sur des bugs, erreurs (je remercie Celine, Jérôme, Gildas et Aleksy pour les relectures) et autres retours sur quoi que ce soit.


Cliquez sur la couverture ci-dessous pour accéder au livre, bonne lecture, et bon confinement ;)




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Dragons Normands est une FICTION à suivre imaginée Par Thomas lesourd.

En collaboration avec Gildas Lechevretel, Florent Martin, Sphinks, Geoffrey Repain, Claire fenragut, Elodie Coulon, Gaël Rolland, Linet et ses pinceaux, Alexy Grzelak, Céline Vanrapenbuch, Sophie Moutier, Lorena Felei, Marine Germain ...
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