La sorcière Imprudente-Chapitre 4.



"La bataille de la Touques", par Thomas lesourd


Le combat entre Minerve et la Niskai faisait rage, et on pouvait dire que la divinité romaine n'en menait pas large. Effectivement, toute déesse qu’elle était, se battre contre une créature constituée d’eau ne lui permettait pas de l’empoigner, et sa lance d’or passait immanquablement à travers le corps de son ennemie sans lui causer le moindre dommage.


La Niskai semblait par contre avoir parfaitement compris comment utiliser les pierres magiques de Gersimi qui flottaient au milieu de son corps, utilisant leur pouvoir pour aspirer l’énergie vitale de Minerve. Pour contrebalancer la situation, les soldats romains restaient toujours plus nombreux que les guerrières celtiques, bien aidés en cela par la chouette géante de la déesse, qui, impuissante contre la Niskai, dirigea alors ses efforts contre les troupes ennemies. Elle plongeait sans relâche dans les formations des guerrières, emmenant ses proies au plus haut dans les airs pour les faire ensuite tomber au sol, s’écrasant comme de vulgaires œufs qu’on aurait lâchés sur des pierres. - Je crois que j’ai une idée pour te faire atteindre tes pierres, dit Göngu en souriant. - Je serais étonnée que la moindre réflexion utile puisse atteindre la boîte qui te sert de crâne, répondit Gersimi d’un ton sec. - Et pourtant, c’est bien moi qui me suis joué de toi il y a quelques heures à peine, lui rétorqua-t-il d'un air narquois avant d’exposer son plan à ses camarades d’infortune. - C’est l’idée la plus stupide, dangereuse et incertaine que j’ai jamais entendu, s’insurgea Folker quand Göngu eut fini son petit exposé. Si la moindre des étapes tourne mal, nous mourrons tous et la course du futur serait toujours compromise. - Et pourtant, je dois avouer ne pas avoir de meilleure option, regretta Gersimi. Après tout, si Rollon s’est fait bannir de Norvège, c’est bien parce qu’un plan tout aussi tiré par les cheveux lui avait permis de voler la couronne du roi. - J’ai entendu parler de cette histoire, répondit Folker, mais là ce n’est pas Rollon, le roi des voleurs, qui nous accompagne. Seulement le piteux Göngu, roi des abrutis ! Un sourire incontrôlable envahit alors le visage du voleur. - Me voilà démasqué, avoua Rollon. Depuis quand as-tu deviné mon identité réelle?


Sous le regard interdit de Folker, Gersimi répondit avec désinvolture.


- Depuis cette nuit. Tu as une brûlure dans le bas du ventre qui correspond exactement au châtiment que le roi de Norvège est réputé pour faire infliger à tous les voleurs. Et la plupart de ceux qui ont osé voler quoi que ce soit dans son château sont morts des suites de cette torture … Sauf toi.


- Et tu m’as tout de même laissé pénétrer chez toi sachant qui j’étais ?


- Je ne pensais pas que tu aurais le culot de voler une bifroster, ou du moins pas d'objets aussi dangereux que des éclats de bifrost! Voilà qui m’obligera à être moins sûre de moi à l’avenir, enfin si l’on s’en sort.

"Rollon", par Thomas Lesourd

Noctua était le nom de la chouette de Minerve. Elle avait suivi sa maîtresse dans bien des combats auparavant, mais c’était la première fois qu’elle sentait la déesse en réelle difficulté. Elle ne pouvait s'empêcher de venir, par désespoir régulièrement picorer la tête de la Niskai pour essayer de lui venir en aide, mais elle se faisait automatiquement rabrouer par Minerve. Ses ordres étaient clairs : Quelle que soit l’issue du combat entre les deux divinités, l’oiseau devait rester concentré à faire goûter ses griffes aux troupes au sol afin d’aider les soldats Romains, eux aussi débordés entre les tirs de flèches et les vagues créées par les jambes de la Niskai qui les emportaient par paquets de dix. C’est alors qu’elle entendit un bruit étrange. Elle n’aurait su décrire si c’était un chant ou un cri, mais le son envahit toute sa colonne vertébrale d’un frisson inattendu. Noctua tourna immédiatement la tête vers son origine et vit trois personnes aux costumes étranges à l’orée de la forêt. Leur apparence n’était ni Celte ni Romaine et ils faisaient de grands signes de bras dans sa direction. Le chant poussé par la femme du groupe avait beau lui être d’origine inconnue, elle ressenti dans tout son être qu’il était amical. Un simple coup d'œil vers Minerve renforça en elle l’idée qu’elles ne gagneraient jamais ce combat et que quitter le champ de bataille une minute pour un vol rapide vers ces étrangers était un risque à prendre s'ils avaient une solution à lui offrir.


La chouette était tellement massive que le sol trembla autour des voyageurs temporels lorsqu’ elle atterrit devant eux, manquant de les faire tomber à la renverse.




"Noctua", par Sophie Moutier